Receiver

Pas cher le mini chef-d’œuvre !

RECEIVER est un FPS exigeant, il est austère mais joli, avec des morceaux de procédural et de balistique dedans. Receiver, c’est aussi un jeu de tir à la première personne où on ne voit jamais les bras ni les mains de son personnage, et il est très curieux de constater qu’aucune revue du jeu ne mentionne ce fait, assez troublant au demeurant. Ce choix de design, en raison peut-être du temps de réalisation très court , s’avère en fait très efficace, comme une manière d’épure, de lisibilité et de complète mise en scène des revolvers et pistolet. Subtile et inédite, la manipulation habilement détaillée d’un flingue, un scénario cyberpunk en onze cassettes à trouver – d’où la voix vous explique combien votre réalité est précaire – confèrent à Receiver une ambiance épaisse malgré son aspect de prototype, et ce gameplay ardu, tellement si gratifiant tout plein.
En sept petits jours, Les gars de WOLFIRE GAMES font mieux dans le genre que certains en deux ans. L’action banale de recharger une arme devient excitante et jubilatoire, enchainer toutes les actions nécessaires est une petite chorégraphie urgente et délicieuse.
Vous jouerez votre vie (?) avec une seule des trois armes disponibles, deux splendides revolvers – sexuels – et un gentil colt – érotique – vous ne rencontrerez que deux types d’adversaires – robotiques – l’un mobile, l’autre fixe, ils encaisseront des dégats localisés avec élégance, donnant lieu parfois à des sketchs inopinés tels que « Le Drone Manchot » ou « Le Ricochet Farceur ». Et ce sera plus que souvent la mort (?) à un cheveu, pour une seule touchette, même dans la chaussette, et pas de sauvegarde.
C’est la case départ, nouveau lieu, nouvelle arme, se mettre à couvert, écouter, regarder…Bon, est-ce que j’ai des balles ?… Oui plein, j’éjecte le chargeur, il est vide… je range mon arme et de ma main libre, je glisse les jolies munitions une à une, ça fait une douzaine de charmants petits bruits métalliques et je reprends mon arme, glisse le chargeur dans la crosse [ son : frisson dans le dos ], touche « R » : j’arme le premier projectile, puis touches « T » ET « R » en même temps (!) pour vérifier la chambre SANS éjecter la balle. J’ai joui, c’est bon, je suis prêt. Je fais 20 bons mètres l’arme près du corps en rasant les murs, à bloc mais parfaitement à l’aise, puis j’entends un drone, je le laisse me spotter, je l’attire, je l’aligne pendant qu’il galère à passer la porte, mon arme fait un clic creux, le drone fonce, [clic…clic-clic], et m’électrocute, j’avais oublié d’enlever la sécurité. J’avais déjà commis cette grossière erreur deux ou trois fois auparavant et j’ai eu cette éternelle seconde pour débloquer mon arme au lieu de re-cliquer dans le vide comme un débile…Fade out, case départ, c’est reparti…
Vous ne trouverez probablement jamais toutes les jolies cassettes rouges en un seul run, mais vous reviendrez toujours avec plaisir dans ce gratte-ciel improbable et aléatoire, à cet humble et perpétuel défi qu’il contient.

Article originalement posté sur Steam